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  • Corinne Toussaint

Prénoms et surnoms


Le choix des prénoms est chargé de sens. Le prénom est la projection des fantasmes parentaux. Il porte le poids du passé ; il est la marque d’identification de tout individu. Nous héritons des programmes des ancêtres dont nous portons les prénoms. Quand nous choisissons les prénoms de nos enfants, il vaut mieux le faire avec beaucoup de soin.

Donner le prénom d’un mort par exemple, est un cadeau empoisonné pour l’enfant qui sera considéré comme le prolongement de la personne disparue. Porter le même prénom qu’un de ses parents démontre le caractère narcissique de la conception. Le message est le suivant « pour que je t’aime, il faut que tu me ressembles, que tu sois mon miroir ».

Exemples : Cet homme dont la sœur s’appelle Sandy épouse (par pure coïncidence ?) Sandrine et choisit de prénommer son enfant Sandra, sans se douter que sa fille portera les valises de Sandy et de Sandrine.

Autre cas, celui de Georgette qui porte le même prénom que la jeune sœur de son père, morte à quatre ans de maladie. Ce dernier nomme sa fille comme sa sœur disparue, car elle a été sacralisée par toute la famille. Une façon inconsciente de se pardonner de vivre alors que sa sœur, la « préférée » est morte ; de rendre à la grand-mère sa fille perdue. Les conséquences ont été terribles pour Georgette : jusqu’à la prise de conscience, elle a vécu comme une morte vivante et exprimait sa souffrance à travers une dépression sévère. La guérison vint lorsqu’elle accepta le destin de sa tante et reconnut la souffrance de sa grand-mère et de son père…

Encore un autre cas, celui d’Emile. En 1930, à l’âge de 10 ans, le père d’Emile perd sa sœur Emilienne. Il a une fille qu’il prénomme Emilienne. Sa fille, ne supportant pas ce prénom, se fait appeler Emilie (hémi-lie = demi lien maintenu à Emilienne) restant ainsi liée à la morte. A 10 ans, (âge de son père à la mort d’Emilienne), Emilie tombe en profonde dépression. Adulte, elle est très attirée par la période 1930. Elle vit dans un appartement décoré selon cette époque, entourée de meubles et objets de ces années-là, comme si elle vivait dans le « tombeau d’Emilienne ». Elle est toujours dépressive. En prenant conscience de tous ces faits, elle peut se défaire de son passé inconscient, de ce deuil non fait dont elle est la dépositaire, et enfin sortir de l’état dépressif et de son tombeau. La clé du problème résidait dans la culpabilité du père « coupable » d’avoir survécu à sa sœur et dont la vie affective s’était arrêtée à l’âge de 10 ans. Emilie répare symboliquement cette culpabilité en ne pouvant quitter sa propre mère à cause de sa dépression. Elle « rendait » ainsi une fille à sa grand-mère paternelle. Sa mère représentait sa grand-mère paternelle et Emilie représentait sa tante Emilienne. Elle porte en elle la quasi-totalité du prénom, donc elle réparait le drame de son père, de sa grand-mère et de sa tante.

LE CHOIX DE GUERIR ou le courage de s’aimer, Gilles Placet

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